La VGP, c’est la visite de contrôle obligatoire que passent les engins de levage utilisés par des salariés : nacelles, chariots élévateurs, grues, palans, monte-meubles. Elle se répète à intervalle fixe, six ou douze mois le plus souvent, et elle laisse une trace écrite. Si tu es particulier et que tu loues une nacelle pour ta toiture, la loi ne te demande pas de la faire. Mais elle te donne un excellent moyen de juger l’engin avant de monter dessus.
Le problème, c’est que la plupart des pages sur le sujet empilent des périodicités contradictoires et des tarifs sortis de nulle part. On reprend donc depuis le texte.
C’est quoi exactement, une VGP ?
Une vérification générale périodique est un contrôle réglementaire de l’état d’un équipement de travail, refait à date fixe tant que l’engin sert. Pour les appareils de levage, elle est encadrée par l’arrêté du 1er mars 2004. Elle comprend un examen de l’état de conservation et des essais de fonctionnement. Le tout finit dans un rapport écrit qui dit si l’engin peut continuer à servir.

Ce n’est pas de l’entretien. La vidange, le graissage, le changement d’un flexible, c’est la maintenance, et elle se fait de son côté. La VGP, elle, regarde si l’engin est encore sûr au moment du passage. Un engin bien entretenu peut échouer à une VGP, et un engin négligé peut passer de justesse.
Du coup, il faut voir la VGP comme une photo à une date donnée, pas comme un certificat de bonne santé pour l’année qui suit.
L’obligation pèse sur le chef d’établissement où l’engin est utilisé. C’est le Code du travail qui la pose (articles R4323-22 à R4323-28), et l’arrêté de 2004 en fixe le détail pour le levage. Les échafaudages ont leur propre texte, l’arrêté du 21 décembre 2004, avec un examen quotidien et un examen approfondi tous les trois mois.
Quels engins sont concernés, et à quel rythme ?
L’article 23 de l’arrêté du 1er mars 2004 pose la règle : un appareil de levage passe sa VGP tous les douze mois. Ensuite viennent les exceptions, et ce sont elles qui piègent. Les engins mus par un moteur qui transportent des personnes ou montent un poste de travail en hauteur, comme la nacelle, descendent à six mois. Ceux qui font la même chose à la force des bras descendent à trois mois.
Le même article ajoute aux six mois certains appareils mobiles énumérés ailleurs dans l’arrêté, à l’article 20. Pour un chariot, une grue sur camion ou un hayon, ne te fie donc pas au premier tableau trouvé en ligne. Demande au loueur la périodicité qu’il applique et la date du dernier passage, ou lis le texte consolidé sur Légifrance.
Et douze mois, c’est l’écart maximal entre deux passages, pas une promesse que l’engin tient jusque-là.
Regarde aussi ce que l’arrêté vise vraiment. Il parle d’appareils de levage. Une pelle équipée d’un brise-roche hydraulique casse de la roche, elle ne soulève rien, donc ce n’est pas ce texte qui encadre son contrôle. Si un site te sort un tableau où toutes les nacelles motorisées sont à trois mois ou à douze, méfie-toi : l’article 23 dit six.
Qui fait la vérification, et que regarde le contrôleur ?
La VGP est faite par une personne compétente, qui peut appartenir à l’entreprise ou venir d’un organisme extérieur. Dans les faits, beaucoup d’entreprises la confient à des bureaux de contrôle comme Apave, Socotec, Dekra ou Bureau Veritas. Le contrôleur examine l’engin, le fait fonctionner, puis rédige un rapport qui liste ce qu’il a trouvé.
Le passage suit en gros toujours le même ordre. D’abord les papiers : plaque d’identification, numéro de série, notice, rapports précédents. Ensuite l’examen de l’état de conservation, à l’arrêt. Le contrôleur regarde les câbles et les chaînes, les axes, les soudures, les vérins, les fuites, les freins, les fins de course, les limiteurs de charge et l’arrêt d’urgence. Puis il fait tourner l’engin et vérifie que chaque mouvement répond et s’arrête quand il faut. Les essais en charge sont surtout exigés lors des remises en service, après un démontage, une grosse réparation ou un changement de site.
Or le point faible d’un engin de levage se cache souvent dans ce qu’on ne voit pas en le regardant briller sur le parking.
Un câble avec trois fils cassés, une goupille remplacée par un clou tordu, un limiteur de charge shunté parce qu’il « bipait tout le temps ». C’est exactement ce que le rapport de VGP est censé faire remonter.
Qu’est-ce qui se passe quand l’engin ne passe pas ?
Quand le contrôleur relève un défaut qui touche la sécurité, l’engin doit sortir du service jusqu’à réparation. Le rapport liste les anomalies, et c’est au chef d’établissement de les faire corriger avant de remettre l’engin au travail. Après une réparation importante sur un organe de sécurité, l’arrêté prévoit une vérification de remise en service.
Mais toutes les remarques d’un rapport ne se valent pas. Une étiquette de charge effacée et un frein qui patine n’appellent pas la même urgence. Lis donc le rapport en entier, pas seulement la dernière ligne. Les rapports sont rangés dans le registre de sécurité de l’entreprise, et l’inspection du travail peut les demander.
Pour une entreprise, utiliser un engin dont la VGP a expiré, c’est s’exposer directement en cas d’accident.
Tu es particulier et tu loues un engin, la VGP te concerne-t-elle ?
Non, pas au sens strict. La VGP est une obligation du Code du travail, donc elle vise les établissements qui font travailler des salariés. Un particulier qui loue une nacelle pour repeindre son pignon n’a aucun contrôle à faire passer. Ainsi, c’est le loueur professionnel qui suit les VGP de son parc, et toi tu n’as rien à déclarer.
Pourtant, c’est l’information la plus utile que tu puisses demander au comptoir. Au comptoir, on doit pouvoir te donner la date du dernier contrôle et te montrer le rapport. Si la date est dépassée ou que personne ne retrouve le papier, tu as ta réponse sur la façon dont le parc est suivi. Sur une nacelle, la question vaut d’autant plus qu’elle passe à six mois, pas à douze.
Je trouve que les particuliers sous-estiment ce point parce que l’engin « sort de chez un pro ». Les grandes enseignes de location comme Kiloutou ont des process pour ça, mais un loueur de quartier débordé un samedi matin peut te tendre les clés sans rien vérifier. Demander la date de la dernière VGP ne coûte rien et ne vexe personne.
Autre chose. Si tu fais travailler quelqu’un sur ton chantier, même un ami qui vient « donner un coup de main », la question de la responsabilité devient beaucoup plus floue. Là, tout dépend de ton contrat et des faits, et ton assureur est mieux placé que moi pour répondre.
Et quand tu loues entre particuliers, qui vérifie quoi ?
Personne, en pratique. Entre deux particuliers, aucun texte n’impose de VGP au propriétaire, et il n’y a pas de loueur professionnel pour suivre l’engin. Tu récupères une machine dont tu ne connais ni l’historique ni l’état réel. Pour une perceuse, ce n’est pas grave. Pour un engin qui lève des charges ou des personnes, c’est une autre histoire.
Alors fais le tri avant de chercher la bonne affaire. La location de matériel entre particuliers marche bien pour l’outillage à main, les ponceuses, les nettoyeurs haute pression. Pour une nacelle, c’est jouer avec le feu, pareil pour un monte-matériaux ou un palan sur portique. Là, une défaillance ne pardonne pas.
Si le propriétaire est un artisan qui loue son matériel le week-end, demande-lui le dernier rapport de VGP. Il doit en avoir un s’il fait travailler des salariés sur cet engin. Et s’il te répond qu’il « n’en a jamais eu besoin », range ton téléphone et va chez un loueur.
Comment juger soi-même un engin avant de signer ?
Tu ne remplaceras pas un contrôleur, mais tu peux repérer ce qui doit te faire refuser l’engin. Il te faut dix minutes, avant de signer le bon de sortie, avec le loueur à côté. Demande la date de la dernière VGP, puis fais le tour de la machine et fais-lui faire tous ses mouvements à vide.
Ce qui doit te faire tiquer, dans l’ordre où tu le verras :
- une plaque de charge illisible ou absente
- une fuite d’huile sur un vérin ou un flexible qui suinte
- un câble effiloché, une chaîne avec des maillons déformés
- un arrêt d’urgence qui ne coupe pas tout de suite
- une alarme de dévers ou de surcharge qui a été débranchée
- des stabilisateurs qui ne se calent pas franchement
Bref, si un seul de ces points cloche, tu demandes un autre engin. Et pense au sol avant l’engin. Une nacelle posée sur une dalle fissurée ou un terrain meuble, c’est le scénario classique du basculement, VGP à jour ou pas. Si tu dois d’abord casser une vieille dalle en béton pour faire passer l’engin, prévois la reprise du sol avant le jour de location.
Pour un chantier en hauteur comme une réparation de toiture, la question reste la même : est-ce que tu sais vraiment manœuvrer cet engin ? Si la réponse est non, location avec opérateur ou artisan. Demande au loueur de te montrer les commandes sur place, ou prends l’engin avec son opérateur, parce qu’une nacelle mal calée ne prévient pas.
Questions fréquentes
Que veut dire VGP ?
VGP signifie vérification générale périodique. C’est un contrôle réglementaire de l’état d’un équipement de travail, refait à date fixe. Pour les engins de levage, il est encadré par l’arrêté du 1er mars 2004.
Une nacelle louée par un particulier doit-elle avoir sa VGP à jour ?
Le particulier n’a pas d’obligation de contrôle. Mais un loueur professionnel suit les VGP de son parc, et une nacelle est soumise à une vérification tous les six mois. Demande la date de la dernière avant de partir avec.
Quelle différence entre VGP et entretien ?
L’entretien maintient l’engin en état de marche : vidange, graissage, pièces d’usure. La VGP vérifie à une date donnée qu’il reste sûr à utiliser. Et l’un ne remplace pas l’autre.
Les échafaudages passent-ils aussi une VGP ?
Ils ont leur propre texte, l’arrêté du 21 décembre 2004. Il prévoit un examen chaque jour et un examen approfondi de l’état de conservation au moins tous les trois mois. Donc ce n’est pas l’arrêté sur le levage qui s’applique.



