En juin, au potager, tu sèmes en pleine terre haricots, carottes de garde, laitues d’été, betteraves, courgettes et concombres en retard, chicorées et fenouil vers la fin du mois. Tu plantes les poireaux, les choux d’automne et d’hiver, et les derniers plants de tomates, courgettes ou courges. Tu récoltes radis, salades, petits pois, fèves, fraises, oignons blancs et, si la saison est chaude, les premières courgettes.
Ces repères valent pour un climat tempéré, moitié nord de la France. Dans le Midi, les cultures ont souvent deux ou trois semaines d’avance au printemps, et la chaleur de fin juin oblige déjà à semer à l’ombre. En montagne, juin ressemble plutôt au mai des plaines. Prends donc les dates de cette page comme des repères indicatifs. Le vrai patron du mois, c’est l’eau, bien plus que le calendrier.
Quel calendrier suivre au potager en juin ?
Pense en quatre colonnes. Tu sèmes sous abri très peu de choses, surtout les choux et les salades qu’il faut protéger du soleil de midi. En pleine terre, tu sèmes les légumes qui aiment une terre chaude. Tu plantes ce qui partira à l’automne et en hiver. Et tu récoltes les cultures de printemps. Le tableau donne des repères indicatifs pour la moitié nord.
| Semer sous abri ou à l’ombre | Semer en pleine terre | Planter | Récolter |
|---|---|---|---|
| Choux d’hiver en caissette | Haricots nains et à rames | Poireaux | Radis, laitues |
| Laitues d’été, scaroles | Carottes de garde, betteraves | Choux d’automne et d’hiver | Petits pois, fèves |
| Fenouil en godet, à l’abri du plein soleil | Courgettes, concombres, courges (début juin) | Tomates, aubergines, poivrons en retard | Fraises |
| Chicorées en caissette | Chicorées, fenouil (plutôt fin juin) | Plants de céleri, de basilic | Oignons blancs, premières pommes de terre |
Bref, juin sert à deux choses en même temps.
D’un côté, tu fais tourner l’été qui démarre. De l’autre, tu prépares déjà l’hiver, et c’est cette deuxième moitié que tout le monde oublie. Les poireaux et les choux de février se décident maintenant. Attendre la rentrée pour y penser, c’est se condamner à des plants trop petits quand les froids arrivent. Si tu as pris du retard sur les plantations d’été, jette un œil à ce qui restait à faire dans la page sur le potager en mai.
Que semer en juin quand la terre est enfin chaude ?
Les haricots d’abord. C’est leur mois, parce qu’ils ont besoin d’une terre bien réchauffée pour lever sans pourrir. Ensuite les carottes de garde, les betteraves, les laitues d’été choisies pour résister à la montée en graine, les chicorées et le fenouil en fin de mois. Courgettes et concombres se sèment encore en place début juin.

En juin, ton ennemi au semis s’appelle la croûte. Tu sèmes, il fait beau trois jours, la surface sèche et durcit, et tes graines restent coincées dessous. Pourtant la parade coûte trois fois rien. Arrose le fond du sillon avant de semer, recouvre avec un peu de terreau ou de terre fine, puis pose une planche ou un carton sur le rang de carottes jusqu’à la levée. Soulève-le chaque jour, et retire-le dès que tu vois le vert. Tu gagnes une levée régulière au lieu de trous dans le rang.
Pour les salades, c’est différent. Par grosse chaleur, la graine de laitue lève mal, et le plant qui sort monte vite en graine. Alors sème-les le soir, à mi-ombre, ou dans une caissette posée au pied d’un mur exposé au nord. Et choisis sur le sachet des variétés dites d’été, qui tiennent mieux.
Pour les haricots, si tu veux des récoltes étalées, sème un rang toutes les trois semaines jusqu’à début juillet. Le détail des variétés, nains, à rames, mangetout, à écosser, se trouve dans la liste des légumes qui commencent par H.
Que planter en juin, et qu’est-ce qui est déjà trop tard ?
Plante les poireaux, les choux d’automne et d’hiver, le céleri, le basilic, et les plants de tomates, courgettes, aubergines ou poivrons si tu n’as pas pu le faire en mai. Ce qui est trop tard, en revanche, ce sont les semis de tomates, d’aubergines et de poivrons. Ils n’auraient plus le temps de mûrir avant les fraîcheurs de septembre.
Le repiquage des poireaux mérite qu’on s’y arrête, parce que c’est là que beaucoup de rangs ratent. Attends que le plant ait à peu près la grosseur d’un crayon. Raccourcis un peu les racines et le bout des feuilles, plonge-le dans un pralin de terre et d’eau, puis glisse-le au fond d’un trou fait au plantoir. Et surtout, ne rebouche pas le trou avec la main. Tu le remplis d’eau, la terre retombe toute seule autour des racines, et le fût blanchit dans le trou au fil des semaines. C’est plus lent, et c’est ce qui donne un vrai blanc.
Les choux, eux, réclament une terre ferme. Un chou planté dans une terre fraîchement retournée et pleine d’air se couche au premier coup de vent d’automne. Donc tasse bien au pied, et prévois un filet anti-insectes dès la plantation si la piéride t’a déjà mangé les feuilles l’an dernier. Chou-fleur et chou de Bruxelles sont présentés dans la liste des légumes en C, avec la courgette et la carotte.
Comment arroser en juin sans gaspiller ni noyer les racines ?
Arrose moins souvent mais copieusement, au pied, le soir ou tôt le matin. Une terre mouillée en profondeur pousse les racines à descendre chercher l’eau. Un petit arrosage quotidien en surface fait l’inverse et rend tes plants dépendants de toi. Et couvre le sol dès qu’il est bien réchauffé, parce qu’une terre nue sèche en quelques heures.
Le paillage, justement. Tonte de gazon séchée quelques jours, paille ou feuilles broyées, tout fait l’affaire. De la tonte fraîche en couche épaisse fermente, colle et pue. Pose-le après un bon arrosage, jamais sur une terre sèche, sinon tu protèges de la sécheresse un sol déjà sec.
Méfie-toi des chiffres d’arrosage tout faits, du genre tant de litres par pied et par jour. Une terre sableuse boit et rend tout de suite, une argileuse garde l’eau mais se fend en séchant. Le seul test qui vaille, c’est le doigt. Enfonce-le de quelques centimètres au pied de la plante, et si c’est encore frais, tu attends. Mouiller le feuillage des tomates et des courgettes en soirée, c’est en plus offrir le terrain au mildiou.
Or, en juin, il faut aussi regarder ce que dit la préfecture. Dès le niveau d’alerte sécheresse, des restrictions peuvent viser l’arrosage, et elles se durcissent en alerte renforcée puis en crise. La carte VigiEau te donne les règles applicables à ton adresse. Une récupération d’eau de pluie installée maintenant, c’est la réserve qui te servira le jour où le tuyau est interdit.
Quels ravageurs et maladies surveiller au potager en juin ?
Les pucerons sur les fèves et les jeunes pousses, les limaces sur les semis, les altises qui criblent radis et choux quand le sol est sec, les doryphores sur les pommes de terre. Côté maladies, l’oïdium blanchit les feuilles de courgettes, et le mildiou guette les tomates et les pommes de terre dès qu’il fait chaud et humide.

Mais avant de vouloir traiter quoi que ce soit, rappelle-toi ce que dit la loi. Depuis le 1er janvier 2019, la loi Labbé interdit aux jardiniers amateurs d’utiliser et de détenir des produits phytopharmaceutiques, et la vente de la gamme amateur aux particuliers est interdite. Restent permis les produits de biocontrôle, les produits à faible risque et ceux utilisables en agriculture biologique. Et même ceux-là, autorisés, ne règlent rien si tu tapes au hasard.
Pour les pucerons, la fiche de biocontrôle publiée par Jardiner autrement cite un jet d’eau pulvérisé pour déstabiliser les colonies, la taille des tiges colonisées et les larves de coccinelles, de chrysopes et de syrphes. Sur les fèves, la taille tombe bien, puisqu’on en pince la tête de toute façon. Et laisse aux auxiliaires le temps d’arriver. Si tu détruis la colonie dès le premier jour, les auxiliaires n’ont plus rien à manger chez toi et ne s’installent pas.
Du coup, la vraie méthode du mois tient dans une tournée lente, une fois par jour, en retournant les feuilles. Les doryphores et leurs larves orange se ramassent à la main dans un seau. Contre les limaces, tu passes à la tombée du soir ou tu poses des planches qu’elles adorent squatter, puis tu les relèves le matin. Sur les tomates, retire les feuilles du bas qui touchent la terre, c’est par là que le mildiou monte avec les éclaboussures.
Reste la rotation, qui se joue sur plusieurs années. Une tomate qui revient trois étés de suite au même endroit, c’est un abonnement aux maladies du sol.
Que récolter en juin, et comment réutiliser la place libérée ?
Tu récoltes les radis, les laitues, les épinards avant qu’ils montent, les petits pois, les fèves, les fraises, les oignons blancs et l’ail nouveau, et les premières pommes de terre primeurs. Les courgettes arrivent en fin de mois dans les étés chauds. Cueille-les jeunes, sinon un seul fruit oublié trois jours devient une massue sans goût.
Les fraises demandent un passage tous les deux jours, parce qu’un fruit trop mûr qui pourrit sur la paille attire la pourriture grise sur ses voisins. Tu retrouveras la fraise et les autres fruits qui commencent par F dans notre liste alphabétique.
Ainsi, chaque rang de petits pois ou de fèves arraché libère de la place. Ne le laisse pas nu. Coupe les tiges au ras du sol et laisse les racines en terre, elles se décomposent sur place. Tu peux replanter des poireaux, des choux ou semer des carottes de garde derrière, sans bêcher en profondeur, juste en griffant la surface.
Ce qui change vraiment la récolte d’automne, c’est cette rotation rapide de fin juin, dont la suite se joue dans la page sur le potager en juillet. Un rang laissé vide en juillet se couvre d’herbes et ne produit rien.
Questions fréquentes
Est-il trop tard pour planter des tomates en juin ?
Pas pour des plants déjà formés, surtout début juin dans la moitié nord. Choisis plutôt des variétés précoces ou des tomates cerises, qui mûrissent plus vite. Un semis de tomates en juin, en revanche, n’a plus le temps de produire avant les fraîcheurs.
Faut-il arroser le potager tous les jours en juin ?
Non, sauf pour les semis qui viennent d’être faits et les salades repiquées. Le reste se porte mieux avec un arrosage copieux tous les deux à quatre jours selon la terre et la météo. Vérifie l’humidité au doigt avant de sortir l’arrosoir.
Peut-on encore semer des carottes en juin ?
Oui, ce sont les carottes de garde, celles qu’on récolte à l’automne et qu’on conserve l’hiver. Garde le sillon humide jusqu’à la levée, c’est là que tout se joue. Une planche posée sur le rang limite le dessèchement de la surface.
Quel légume semer en juin pour récolter en hiver ?
Les poireaux se plantent maintenant, les choux d’hiver se sèment ou se plantent selon ton avance, et les chicorées scaroles et frisées se sèment en fin de mois. Les carottes de garde complètent la liste. Tous ces légumes demandent de la place libre en juillet, donc anticipe.
Sources
- Biocontrôle : la lutte contre les pucerons (Jardiner autrement, SNHF)
- Êtes-vous concerné par des restrictions d’eau ? (Service-Public.fr)



