Tu cherches un fruit en U ? Le plus connu, c’est l’ugli, un agrume jamaïcain à la peau fripée. Derrière lui viennent l’ugni, petite baie rouge du Chili, l’umbu du Brésil, l’ume japonais et l’uvaia, une autre rareté brésilienne.
Et c’est à peu près tout. La lettre U est pauvre, très pauvre, et les listes qu’on trouve en ligne compensent en ajoutant des noms anglais, des tubercules ou des fruits que personne n’arrive à retrouver dans une flore. On va faire le tri, sans gonfler la liste.
Quels fruits commencent vraiment par U ?
En français, cinq noms tiennent la route : l’ugli, l’ugni, l’umbu, l’ume et l’uvaia. Aucun ne se cultive couramment en France ni ne remplit les étals, à part l’ugli qu’on croise parfois au rayon des agrumes. Côté jardin, un seul se plante chez nous pour ses fruits, l’ugni, plus l’ume pour sa floraison.
Alors voici le tableau, limité à ce qui se vérifie.
| Fruit | Nom botanique | Origine | Type | Pousse en France métropolitaine ? |
|---|---|---|---|---|
| Ugli | Citrus, hybride pomélo ou pamplemousse × tangerine | Jamaïque | Agrume | Non |
| Ugni | Ugni molinae | Chili, Argentine | Petit fruit | Oui, en situation abritée |
| Umbu | Spondias tuberosa | Nord-est du Brésil | Exotique | Non |
| Ume | Prunus mume | Chine, Japon | Fruit à noyau | L’arbre, oui, surtout pour sa floraison |
| Uvaia | Eugenia pyriformis | Brésil | Exotique | Non |
Si tu compares avec les lettres voisines, la liste des fruits qui commencent par T est autrement mieux garnie, et celle des fruits en V aussi.
Que vaut l’ugli, le seul qu’on croise parfois en magasin ?
L’ugli est un agrume découvert en Jamaïque au début du XXe siècle. On pense qu’il vient d’un croisement entre un pomélo ou un pamplemousse et une tangerine. Sa peau épaisse, ridée, se décolle facilement, et sa chair orangée est juteuse, plus sucrée que celle du pomélo, avec une pointe d’acidité et presque pas de pépins.
Son nom vient de l’anglais « ugly », laid, à cause de cette peau fripée et de sa forme irrégulière. L’Office québécois de la langue française le note tel quel. Mais beaucoup de listes en ligne en font un hybride à trois parents, pamplemousse, orange et mandarine, ce que rien de sérieux ne confirme. Et elles lui collent souvent des chiffres de calories et de vitamine C sans la moindre source.
Alors, comment le choisir ? Comme n’importe quel agrume, lourd dans la main pour sa taille, signe qu’il a du jus. La peau moche, c’est normal. Elle ne dit rien de la qualité.
Quels fruits en U peut-on faire pousser en France ?
Un seul pour ses fruits, sans se raconter d’histoires : l’ugni, un arbuste chilien qui supporte des hivers modérés. L’ume se plante aussi, mais on le choisit d’abord pour ses fleurs d’hiver, pas pour remplir des bocaux. Le reste de la liste demande un climat tropical ou une serre de collectionneur.
L’ugni (Ugni molinae) donne des baies rouge foncé d’environ un centimètre, très parfumées. Les Anglais l’appellent strawberry myrtle, ce qui donne une idée de l’arôme. La Royal Horticultural Society le classe H4, soit une plante qui encaisse un hiver moyen entre -10 et -5 °C. Concrètement, ça veut dire un coin abrité, contre un mur exposé à l’est, au sud ou à l’ouest, et une vraie prudence dans les vallées froides de l’intérieur. Du coup, la question qui compte devient : est-ce qu’il passe le troisième hiver chez toi ?
Je n’ai pas de réponse universelle à ça.
Dans le doute, la version simple reste le grand pot, rentré à l’abri quand l’hiver s’annonce rude. La version propre, c’est la pleine terre au pied d’un mur, une fois que tu connais les vraies gelées de ton coin.
Lesquels restent des fruits exotiques à goûter sur place ?
L’umbu et l’uvaia, surtout. Ce sont deux fruits brésiliens qu’on ne trouve presque jamais en Europe, même en épicerie spécialisée. Et l’ume ne se croise guère en France que transformé, en umeboshi ou en umeshu, dans les épiceries japonaises.

L’umbu (Spondias tuberosa), qu’on écrit aussi imbu, pousse à l’état sauvage dans la caatinga, une brousse sèche du nord-est du Brésil. Son fruit rond, de deux à quatre centimètres, a une peau coriace qui jaunit en mûrissant et une chair juteuse autour d’un gros noyau. Sur place, on le mange frais ou en confiture, en sorbet, en jus. Pourtant le plus étonnant chez lui reste sous terre, avec des racines tubéreuses qui stockent l’eau pendant la saison sèche.
L’uvaia (Eugenia pyriformis) est une myrtacée du Brésil, de la même famille que la goyave. Au-delà de ça, les informations fiables en français sont rares, et je préfère te le dire plutôt que de lui inventer un goût.
Quels pièges trouve-t-on dans les listes de fruits en U ?
Le plus courant, c’est le fruit introuvable. « Urava » apparaît dans des listes anglophones avec un goût « salé » et des chiffres nutritionnels, sans qu’aucune flore ni base sérieuse ne le décrive. Ensuite viennent les noms étrangers, les doublons et les intrus qui ne sont pas des fruits.
- « Uva », qui veut juste dire raisin en espagnol, en italien et en portugais.
- L’ugli fruit, simple nom anglais de l’ugli.
- L’uvilla, vendue comme un cousin du physalis « plus riche en fer », sans source qui tienne. Le physalis, lui, a sa place dans la liste des fruits en P.
- Des tubercules, des graines, et même la pomme, glissés dans la liste pour faire nombre.
Bref, quand une liste annonce vingt fruits en U, tu peux être sûr qu’elle triche. Méfie-toi aussi des « bienfaits » et des « riche en antioxydants » plaqués sans source, sur l’ugni comme sur l’umbu. Les lettres Q, X ou Y posent le même problème, et la réponse honnête est toujours la même : il y en a peu.
Et ne goûte jamais une baie trouvée en balade sous prétexte qu’elle ressemble à une photo vue dans une liste.
Questions fréquentes
Quel est le fruit en U le plus connu ?
C’est l’ugli, un agrume jamaïcain. On le trouve parfois en France au rayon des agrumes, reconnaissable à sa peau épaisse et ridée.
Combien y a-t-il de fruits qui commencent par U ?
En français, on en compte cinq qui se vérifient. Les listes qui en annoncent vingt ajoutent des noms anglais, des tubercules ou des fruits impossibles à retrouver dans une flore.
Peut-on planter un ugni dans son jardin ?
Oui, dans les régions aux hivers doux ou dans un coin abrité. La Royal Horticultural Society le classe parmi les plantes qui supportent un hiver moyen, autour de -10 à -5 °C. Dans une vallée froide, le pot rentré l’hiver reste plus sûr.
Peut-on manger l’ume comme une prune ?
Ce n’est pas l’usage. Au Japon, l’ume se consomme transformé, en umeboshi salés ou en umeshu, une liqueur. En France, c’est sous ces formes qu’on le trouve.
Sources
- ugli, fiche du Grand dictionnaire terminologique (Office québécois de la langue française)
- Ugni molinae, Chilean guava (Royal Horticultural Society)



