Nouveau DPE : calcul, location interdite et ce qui change en 2026

Par la rédaction Bricospirit · 17 janvier 2026

Nouveau DPE : calcul, location interdite et ce qui change en 2026

Le nouveau DPE, celui qui sert depuis juillet 2021, ne se contente plus de décorer une annonce. Il est opposable, il décide si tu peux encore louer ton logement, et sa méthode de calcul a encore bougé au 1er janvier 2026, avec une nouvelle retouche déjà publiée pour 2027. Si tu possèdes un logement chauffé à l’électricité, ta lettre a peut-être changé sans que tu touches à un seul mur.

Calcul, opposabilité, location, vente : on reprend chaque règle telle qu’elle s’applique à la mi-octobre 2026, avec ce qui reste en suspens. Et un avertissement de vieux bricoleur au passage : une étiquette qui remonte sur le papier n’a jamais réchauffé une chambre.

Comment se calcule le DPE depuis la réforme de 2021 ?

Le diagnostiqueur applique une méthode conventionnelle unique, basée sur ce qu’il constate dans le logement : isolation, fenêtres, chauffage, eau chaude, ventilation. Tes factures ne comptent plus, la méthode « sur facture » a disparu en 2021. Le résultat donne deux valeurs par mètre carré et par an, l’énergie primaire et les émissions de gaz à effet de serre.

Et chaque logement reçoit deux notes. La lettre retenue est celle du critère le moins bon, énergie ou climat. Un pavillon bien isolé mais chauffé au fioul peut donc dégringoler à cause de son CO2, alors que sa consommation tient la route. Les seuils publiés au moment de la réforme sont les suivants (par m² et par an).

Classe Énergie primaire Émissions de CO2
A moins de 70 kWh moins de 6 kg
B 70 à 110 kWh 6 à 11 kg
C 110 à 180 kWh 11 à 30 kg
D 180 à 250 kWh 30 à 50 kg
E 250 à 330 kWh 50 à 70 kg
F 330 à 420 kWh 70 à 100 kg
G plus de 420 kWh plus de 100 kg

Deux détails changent la donne pour beaucoup de propriétaires. Depuis le 1er juillet 2024, les seuils ont été ajustés pour les logements de 40 m² ou moins, parce que les petits studios étaient pénalisés par le calcul. Et le diagnostic doit être enregistré auprès de l’ADEME, qui lui attribue un numéro d’identification. Sans ce numéro, le DPE ne vaut rien. Pour un studio évalué avant l’été 2024, une attestation corrigée se télécharge sur le site de l’ADEME, sans repasser le diagnostiqueur.

Côté validité, un DPE fait depuis le 1er juillet 2021 tient dix ans. Ceux réalisés entre 2018 et juin 2021 ne sont plus utilisables depuis le 1er janvier 2025.

Qu’est-ce que le coefficient de l’électricité change en 2026 et en 2027 ?

Le coefficient sert à convertir un kilowattheure d’électricité consommé chez toi en énergie primaire. Il est passé de 2,3 à 1,9 le 1er janvier 2026, puis un arrêté publié fin août 2026 le fait descendre à 1,7 au 1er janvier 2027. Résultat mécanique : un logement chauffé à l’électricité affiche moins d’énergie primaire, donc parfois une meilleure lettre.

Le gouvernement annonçait en 2025 environ 850 000 résidences principales sorties du statut de passoire (F ou G) au 1er janvier 2026. Pour 2027, Que Choisir cite près de 300 000 logements de plus, d’après l’étude d’impact. Comme seule l’énergie primaire de l’électricité diminue dans le calcul, un logement chauffé au gaz ou au fioul garde sa lettre.

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Tu n’as pas à refaire ton DPE. Il reste valable, et si ta lettre s’améliore, tu télécharges gratuitement une attestation de nouvelle étiquette sur l’Observatoire DPE-Audit de l’ADEME en entrant le numéro du diagnostic.

Mais garde la tête froide. Ton compteur tourne exactement comme avant, tes radiateurs chauffent pareil et ta facture ne bouge pas d’un centime. Seule la règle de conversion a bougé. Un convecteur des années 80 dans un appartement mal isolé reste un gouffre, même avec un E tout neuf au lieu d’un F. Pour l’acheteur, c’est même un piège possible, puisque le logement paraît meilleur qu’il n’est.

Autre retouche prévue au 1er janvier 2027, issue d’un arrêté du 11 juin 2026 qui transpose la directive européenne sur la performance des bâtiments. Le DPE détaillera la production d’énergie renouvelable sur place et une mention « A0 » pourra être attribuée aux bâtiments à émissions nulles. Pour un logement ancien à rénover, ça ne change pas grand-chose dans la pratique.

Le DPE est-il opposable, et qu’est-ce que ça t’engage ?

Oui, depuis le 1er juillet 2021. Les informations du diagnostic engagent le vendeur ou le bailleur. Si la lettre est fausse et que l’acheteur ou le locataire y perd, par exemple parce qu’il aurait négocié le prix ou le loyer autrement, il peut se retourner contre toi. Les recommandations de travaux, elles, restent indicatives.

Du coup, le moins cher des DPE n’est pas forcément une affaire. Un diagnostiqueur qui boucle la visite en vingt minutes sans ouvrir un placard ni monter voir l’isolation des combles, c’est toi qui en portes le risque devant ton acheteur. Il doit être certifié et assuré, et le recours à un diagnostiqueur non certifié expose le propriétaire à une amende de 1 500 euros selon Service Public. Les dérives existent, les diagnostics de complaisance aussi, et on a détaillé les mécanismes dans l’article sur la fraude au DPE et ses victimes.

Prépare la visite.

Retrouve les factures de travaux d’isolation, la notice de la chaudière ou de la pompe à chaleur, l’attestation d’entretien, la date des fenêtres. Sans preuve, le diagnostiqueur applique des valeurs par défaut, souvent défavorables. Un isolant de combles posé il y a huit ans mais invisible et sans facture risque d’être compté comme absent. Ça coûte une lettre parfois, et une lettre, aujourd’hui, ça se chiffre en loyers ou en négociation.

Quels logements ne peut-on plus louer, et à partir de quand ?

Depuis le 1er janvier 2025, un logement classé G ne peut plus être mis en location, y compris lors d’un renouvellement ou d’une reconduction tacite du bail. Les logements F suivront en 2028, puis les E en 2034. Avant ça, dès 2023, les pires logements de France métropolitaine (plus de 450 kWh d’énergie finale par m² et par an) étaient déjà jugés indécents.

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Or ce calendrier n’est pas gravé dans le marbre. Le projet de loi « Relance et décentralisation du logement », adopté par le Sénat le 8 juillet 2026 en procédure accélérée, permettrait de relouer un logement F ou G si le bailleur signe un engagement contractuel de travaux, ou si la rénovation est impossible (refus de la copropriété, contrainte technique). L’Assemblée nationale l’examine en commission depuis mi-septembre, sans vote à ce jour. Tant que le texte n’est pas promulgué, l’interdiction s’applique telle quelle, alors ne signe pas un bail sur une rumeur.

Autre point qui fâche : les loyers des logements F et G sont gelés. Le bailleur ne peut ni appliquer la révision annuelle ni augmenter le loyer entre deux locataires. Un bailleur dont le logement sort du statut de passoire grâce au nouveau coefficient récupère cette possibilité, ce que Que Choisir pointe comme une perte pour les locataires. Si tu hésites entre rénover et céder un bien loué, l’article sur le bon moment pour revendre un bien locatif t’aidera à poser les chiffres.

Et si tu vends un logement classé F ou G ?

La vente reste libre. Aucune loi ne t’oblige à faire des travaux avant de vendre, quelle que soit la lettre. Tu dois fournir un DPE de moins de dix ans dès la promesse, afficher la lettre dans l’annonce et, pour un F ou un G, la mention « logement à consommation énergétique excessive ». L’acheteur négociera, mais il ne peut pas t’imposer de chantier.

Maison individuelle mise en vente, dont l'étiquette DPE pèse dans la négociation

Pourtant, une obligation de plus tombe sur certains vendeurs. Si tu vends une maison individuelle, ou un immeuble entier détenu par un seul propriétaire, classé E, F ou G, tu dois fournir un audit énergétique. Il propose des scénarios de travaux chiffrés pour remonter la performance. Un appartement en copropriété n’est pas concerné par cet audit.

Pour la stratégie de vente elle-même (baisser le prix, faire une partie des travaux, présenter les devis à l’acheteur), on a un article dédié sur vendre un logement énergivore. On ne va pas le répéter ici.

Quels travaux font vraiment remonter l’étiquette ?

Ceux qui réduisent les pertes de chaleur avant tout : combles, murs, planchers bas, fenêtres, puis un chauffage adapté au logement isolé. Changer seulement le chauffe-eau ou poser un thermostat connecté bouge rarement la lettre, parce que le chauffage et les déperditions pèsent bien plus lourd dans le calcul. L’ordre des travaux compte autant que leur nature.

Bref, commence par l’enveloppe. Une pompe à chaleur installée dans une maison qui fuit de partout sera dimensionnée trop grosse, tournera mal et te décevra le premier hiver venu. Isole d’abord, puis choisis l’appareil pour le logement tel qu’il sera après les travaux. Pour les murs, tu trouveras les options dans isoler un mur intérieur sans perdre de place, et les ordres de grandeur de budget dans le prix de l’isolation intérieure.

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Attention aussi à la ventilation, la grande oubliée des rénovations faites vite. Tu calfeutres, tu changes les fenêtres, tu doubles les murs, et sans renouvellement d’air correct l’humidité s’installe derrière le placo. Les moisissures arrivent bien avant la facture suivante. Dans cinq ou dix ans, le mur noirci derrière l’armoire coûtera plus cher à reprendre que la VMC que tu n’as pas voulu poser. Un isolant mouillé n’isole plus. C’est le point faible de la plupart des chantiers d’isolation mal pensés.

Avant de signer, regarde les aides disponibles, car elles imposent souvent un artisan RGE et un ordre précis des démarches : les aides pour isoler son logement font le tour de la question. Et pour une rénovation globale, l’audit puis un accompagnateur Rénov’ te feront éviter les travaux dans le désordre.

Alors, faut-il attendre que les règles se stabilisent ? Pour l’isolation, non. Le coefficient peut encore bouger, la loi peut assouplir le calendrier, mais un mur bien isolé fera baisser ta facture quel que soit le calcul en vigueur. Ces informations décrivent les règles générales au 13 octobre 2026 et ne remplacent pas un conseil juridique ou fiscal adapté à ta situation.

Questions fréquentes

Faut-il refaire son DPE après le changement de coefficient de 2026 ?

Non. Ton DPE reste valable jusqu’à sa date d’expiration. Si ton logement est chauffé à l’électricité et que la lettre s’améliore avec le nouveau calcul, tu peux télécharger gratuitement une attestation de nouvelle étiquette sur l’Observatoire DPE-Audit de l’ADEME avec le numéro du diagnostic.

Combien de temps un DPE est-il valable ?

Dix ans pour un diagnostic réalisé depuis le 1er juillet 2021. Les DPE faits entre 2018 et juin 2021 ne sont plus valables depuis le 1er janvier 2025. Alors vérifie la date avant de mettre en vente ou de signer un bail.

Peut-on encore louer un logement classé G en 2026 ?

Non, pas pour un nouveau bail ni lors d’un renouvellement ou d’une reconduction. Un projet de loi voté au Sénat en juillet 2026 envisage un assouplissement sous condition de travaux. Tant qu’il n’est pas adopté et promulgué, l’interdiction s’applique.

Un acheteur peut-il exiger des travaux sur un logement classé F ?

Non, aucun texte n’oblige le vendeur à rénover avant la vente. L’acheteur peut en revanche négocier le prix en s’appuyant sur l’étiquette et sur l’audit énergétique quand celui-ci est obligatoire. S’il découvre plus tard que le DPE était faux, il peut engager la responsabilité du vendeur.

Sources

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