Les fruits en P les plus connus, tu les as déjà dans ta corbeille : la pêche, la poire, la pomme, la prune, la pastèque et le pomelo. Ajoute la prunelle des haies et le physalis, et tu as fait le tour de ce qu’on trouve en France sans courir les épiceries fines.
Ensuite viennent les exotiques (papaye, pitaya, pepino, pomme cannelle…) et une bonne poignée de faux amis que les listes en ligne recopient sans réfléchir. La plupart de ces listes se copient entre elles, erreurs comprises. Je te fais le tri, avec ce qui pousse vraiment chez nous et ce qui ne passera pas l’hiver.
Quels fruits courants commencent par la lettre P ?
Les fruits en P que tu croises au marché sont la pêche (et sa cousine la pêche de vigne), la poire, la pomme, la prune, la pastèque et le pomelo. On peut y ajouter le pruneau, qui n’est qu’une prune séchée, la prunelle sauvage et le physalis, de plus en plus vendu en barquette.

Quatre d’entre eux sont des fruits de verger classiques. La pomme et la poire sont des fruits à pépins, la pêche et la prune des fruits à noyau. La pastèque, elle, est une cucurbitacée, de la même famille que le melon et la courgette. Et le pomelo est un agrume, qu’on appelle souvent pamplemousse à tort (j’y reviens plus bas). Le physalis, enfin, est une petite baie orange enfermée dans une sorte de lanterne en papier, cousine de la tomate.
Bref, avec ces huit-là, tu as déjà de quoi remplir une liste honnête.
Pour les autres lettres voisines, jette un œil aux fruits qui commencent par O et à la liste plus courte des fruits en Q.
Quels fruits exotiques commencent par P ?
Côté exotique, les plus faciles à trouver sont la papaye, la pitaya (le fruit du dragon) et le pepino. Plus rares en France, tu as aussi la pomme cannelle, la pomme de cajou, la pitanga, la prune de Cythère et la plaquebière, un petit fruit des tourbières nordiques. Ils existent tous, mais certains ne voyagent presque pas.
La papaye pousse en climat tropical et se vend toute l’année en grande surface. La pitaya est le fruit d’un cactus grimpant, à peau rose ou jaune et chair blanche ou rouge piquée de petites graines noires. Le pepino (Solanum muricatum), qu’on appelle aussi poire-melon, vient des Andes et ressemble à un petit melon jaune strié de violet.
Mais les suivants, tu les verras surtout en voyage ou dans les épiceries spécialisées. La pomme cannelle (Annona squamosa), avec sa peau en écailles vertes, cache une chair blanche très sucrée. Et la noix de cajou, tu sais d’où elle sort ? Elle pend sous la pomme de cajou, le faux fruit charnu de l’anacardier, qui s’abîme trop vite pour arriver jusqu’ici.
Restent les raretés. Sous le nom de cerise de Cayenne, la pitanga (Eugenia uniflora) est une petite baie rouge côtelée. On croise la prune de Cythère (Spondias dulcis) aux Antilles, à La Réunion ou en Polynésie, rarement sur un étal de métropole. Et pour la plaquebière (Rubus chamaemorus), une ronce des tourbières de Scandinavie et du Canada où on l’appelle chicouté, il faudra plutôt viser la confiture d’importation que le fruit frais.
Un fruit exotique qui a passé des jours en conteneur n’a souvent plus grand-chose à voir avec celui qu’on mange sur place.
Quels fruits en P peut-on cultiver en France ?
En France métropolitaine, tu peux cultiver sans tricher le pommier, le poirier, le prunier et le pêcher, plus le prunellier dans une haie. Le physalis et la pastèque se cultivent comme des annuelles d’été. Le pepino aussi, à condition de le rentrer avant le gel. Papaye, pitaya et compagnie, oublie la pleine terre hors serre chauffée.

Le tableau ci-dessous donne des repères indicatifs, pour un jardin en climat tempéré. Les saisons de récolte bougent selon la région et la variété.
| Fruit | Type | Cultivable en France métropolitaine | Récolte indicative |
|---|---|---|---|
| Pomme | Verger, à pépins | Oui, partout | Fin d’été à automne |
| Poire | Verger, à pépins | Oui, partout | Été à automne |
| Prune | Verger, à noyau | Oui, partout | Été |
| Pêche | Verger, à noyau | Oui, mieux au sud ou contre un mur abrité | Été |
| Prunelle | Petit fruit sauvage | Oui, en haie | Automne, après les premiers froids |
| Physalis | Petit fruit | Oui, en annuelle | Fin d’été à automne |
| Pastèque | Cucurbitacée | Oui, si l’été est chaud | Été |
| Pepino | Exotique (Andes) | En pot, rentré l’hiver | Fin d’été |
| Papaye, pitaya, pomme cannelle | Exotique tropical | Non, sauf serre chauffée | Importés |
Pourtant, planter n’est que le début. La vraie question, c’est « et au troisième hiver, il est encore là ? ». Pour le pêcher, le point faible est connu, c’est la cloque, ce champignon qui frise et rougit les feuilles au printemps, surtout dans les régions humides. Pour le pommier, tout se joue au choix du porte-greffe, qui décide de la taille finale de l’arbre bien plus que l’étiquette « nain » collée sur le pot. Et le physalis, gélif, ne passe en général pas l’hiver dehors au nord de la Loire.
Si tu prévois de planter, l’automne reste la bonne saison pour les fruitiers à racines nues. Le calendrier du potager en novembre t’aide à caler ça avec le reste du jardin.
Pamplemousse ou pomelo, quelle différence ?
Ce que tu achètes sous le nom de « pamplemousse » en France est presque toujours un pomelo (Citrus paradisi), un fruit qui pousse en grappes. Le vrai pamplemousse (Citrus maxima) est un gros agrume à écorce épaisse, rarement vendu chez nous. Les deux commencent par P, mais ce ne sont pas les mêmes.
Du coup, une liste qui aligne « pamplemousse » et « pomelo » comme deux fruits distincts n’a pas tort. Sauf qu’elle se trompe souvent sur lequel tu as dans ta cuisine. D’après Aprifel, le pomelo serait issu d’un croisement entre le pamplemoussier et l’oranger doux, et c’est le seul des deux réellement consommé en France. Il se vend surtout en hiver et au printemps.
Pour compliquer le tout, les anglophones appellent « pomelo » ce que nous devrions appeler pamplemousse.
Quels pièges trouve-t-on dans les listes de fruits en P ?
Les listes en ligne gonflent la lettre P avec trois sortes d’intrus : des fruits secs ou des graines (pistache, pignon de pin, noix de pécan), des légumes qui sont des fruits au sens botanique (poivron, potiron, piment) et des noms anglais traduits de travers. Rien d’interdit, à condition de le dire.
Prenons la pistache et le pignon. On les range au rayon fruits secs, mais tu les manges comme des graines, pas comme un fruit charnu. Le poivron et le potiron, eux, sont bien des fruits pour un botaniste, puisqu’ils contiennent les graines de la plante. En cuisine, tout le monde les classe en légumes, et tu les retrouveras dans les légumes qui commencent par P.
Et la pomme de terre, elle, n’a rien d’un fruit, c’est un tubercule.
Les noms étrangers font aussi des dégâts. « Persimmon » est le nom anglais du kaki, « pawpaw » désigne l’asimine, le fruit de l’asiminier, mais aussi la papaye en anglais d’Australie, de quoi semer la pagaille dans une liste traduite, et « passion fruit » se dit fruit de la passion en français, donc à la lettre F. Le « plantain » est une banane à cuire, on l’appelle banane plantain. Et la poire asiatique se vend aussi sous le nom de nashi. Si tu veux une liste mélangée sans te poser de questions, la page des fruits et légumes en P est faite pour ça.
Quels fruits en P faut-il manger avec prudence ?
Trois cas méritent ton attention. La prunelle crue est très âpre et se cueille plutôt après les premiers froids, sans croquer les noyaux. Le physalis se mange bien mûr, jamais vert. Et le phytolaque, ou raisin d’Amérique, n’est pas un fruit en P à manger : ses baies noires sont toxiques.
Or le danger vient surtout de la cueillette sauvage. Le phytolaque s’installe dans les friches et les bords de chemins, avec ses grappes de baies violet foncé qui font envie aux enfants. Pour le physalis, comme pour les autres solanacées, on laisse le fruit vert et le feuillage tranquilles. L’amour en cage des massifs décoratifs (Physalis alkekengi) n’est pas celui qu’on vend pour la table, donc on ne goûte pas au hasard. L’Anses note que la couleur des baies à maturité, rouge ou noire, peut prêter à confusion entre baies toxiques et comestibles. Son conseil tient en une ligne : en cas de doute, tu ne manges pas.
Alors si tu cueilles des prunelles dans une haie, prends le temps de reconnaître l’arbuste (épineux, fleurs blanches avant les feuilles au printemps) et photographie ta cueillette. Aucune liste ni aucune photo en ligne ne remplace une identification faite sur place par quelqu’un qui connaît les plantes.
Questions fréquentes
Combien y a-t-il de fruits qui commencent par P ?
Une vingtaine de fruits connus en français, si on compte les exotiques. Les listes qui en annoncent beaucoup plus ajoutent des légumes, des noix ou des noms anglais. Pour les fruits courants en France, tu en as une petite dizaine.
Le poivron est-il un fruit ?
Au sens botanique, oui, puisqu’il porte les graines de la plante. En cuisine et au marché, il est rangé avec les légumes. Les deux réponses sont justes, tout dépend de qui pose la question.
Quel fruit en P peut-on planter dans un petit jardin ?
Un pommier ou un poirier greffé sur un porte-greffe faible reste de taille modeste. Le physalis tient aussi en grand pot sur une terrasse ensoleillée. Le pêcher demande un coin chaud et abrité pour bien fructifier.
Le fruit de la passion commence-t-il par P ?
Non, son nom courant commence par F. On le trouve aussi sous les noms de maracuja ou de grenadille selon les variétés. Seule la plante, la passiflore, commence par P.



