Des fruits qui commencent par I, il y en a peu, et aucun ne se trouve au rayon fruits de ton supermarché. Les noms qui reviennent vraiment sont l’icaque (ou icaco), l’ilama, l’imbé, l’inga, qu’on appelle aussi pois doux, et l’imbu. Tous viennent des tropiques, et plusieurs ne sont que des noms anglais ou botaniques.
Le reste des listes qu’on trouve en ligne, c’est souvent du remplissage. Des noms anglais recopiés, et parfois un légume glissé là pour faire nombre. Voilà ce qui tient debout, et ce qu’il vaut mieux rayer.
Quels sont les fruits qui commencent par I ?
La liste honnête tient en cinq noms : icaque, ilama, imbé, inga et imbu. Ce sont tous des fruits tropicaux, cueillis sur des arbres ou des arbustes d’Amérique ou d’Afrique. Aucun ne pousse en pleine terre en France métropolitaine, et aucun n’est un fruit courant chez nous. Le tableau ci-dessous résume ce qu’on peut vérifier.
| Nom | Nom botanique | Origine | En pleine terre en France métropolitaine |
|---|---|---|---|
| Icaque (icaco, prune coton) | Chrysobalanus icaco | Littoraux tropicaux d’Amérique et d’Afrique | Non |
| Ilama | Annona macroprophyllata (syn. A. diversifolia) | Mexique, Amérique centrale | Non |
| Imbé (de l’anglais imbe, mangoustan africain) | Garcinia livingstonei | Afrique tropicale et australe | Non |
| Inga (genre botanique, pois doux) | Inga edulis | Amérique du Sud | Non |
| Imbu (umbu) | Spondias tuberosa | Nord-est du Brésil | Non |
Cinq noms, pas quinze.
Et si une page t’en promet davantage, regarde de près ce qu’elle compte. La lettre H n’est pas beaucoup mieux lotie, tu le verras dans la liste des fruits qui commencent par H, alors que la lettre P aligne pêche, poire, prune et compagnie.
À quoi ressemblent ces fruits exotiques en I ?
Ce sont des fruits très différents les uns des autres. L’icaque est une petite prune ronde, l’ilama une anone écailleuse, l’imbé une baie orange acidulée, l’inga une longue gousse remplie de pulpe blanche, et l’imbu une petite prune jaune-vert. Leur seul point commun, c’est le climat chaud dont ils ont besoin.
L’icaque, ou icaco
L’icaquier est un arbuste des bords de mer. La Direction de l’environnement de Polynésie française le décrit comme un arbuste ou petit arbre de 2 à 6 mètres, avec un fruit rond de 2 à 4 cm qui vire au rose violacé à maturité. Il renferme une seule grosse graine côtelée. On le connaît aussi sous les noms de prune coton et de coco plum en anglais. Mais attention, en Polynésie il est classé envahissant, et ce même service déconseille de le planter pour ses fruits. Icaque et icaco désignent le même fruit, donc une liste qui les compte deux fois gonfle son total.
L’ilama
C’est une cousine du chérimolier, de la famille des anones. Elle pousse dans les basses terres du Mexique et d’Amérique centrale, avec une peau épaisse et une chair blanche ou rosée selon les arbres. Hors de sa région, on n’en voit presque jamais.
L’imbé
Imbé vient de l’anglais imbe. En français, on parle plutôt de mangoustan africain. Ce petit arbre d’Afrique tropicale et australe donne des fruits orange de la taille d’une grosse cerise. La pulpe est fine, acidulée, autour d’un gros noyau. Et il appartient bien au même genre que le vrai mangoustan.
L’inga, ou pois doux
Inga, c’est le nom du genre botanique. Le nom français usuel, aux Antilles et en Guyane, c’est pois doux. L’arbre vient d’Amérique du Sud, et on mange la pulpe blanche et cotonneuse qui entoure les graines, dans de longues gousses. Les Anglais l’appellent ice cream bean. Pourtant certaines listes en font une « igname de rivière », ce qui ne correspond à rien : l’igname est un tubercule, pas une gousse.
L’imbu
L’imbu, que les Brésiliens écrivent plus souvent umbu, est un petit fruit jaune-vert du Nordeste, de la même famille que la mangue.
Peut-on faire pousser un fruit en I en France ?
En pleine terre, non. Les cinq arbres de la liste sont tropicaux et craignent le gel, donc ils ne passeraient pas un hiver dehors en métropole, même sur la Côte d’Azur, où un seul coup de froid suffit à les tuer. Reste la culture en pot sous serre chauffée ou en véranda, réservée aux collectionneurs prêts à chauffer tout l’hiver.

Alors pose-toi la seule question qui compte pour un fruitier. Est-ce que l’arbre sera encore vivant au troisième hiver, sans que tu passes tes soirées de janvier à surveiller un thermomètre ? Pour un icaquier ou un imbé dans un jardin du Loiret, la réponse est non. Un semis de noyau sur le rebord de la fenêtre, pourquoi pas, c’est une curiosité qui ne coûte presque rien. Mais n’attends pas de récolte, et n’achète pas un plant en espérant remplir un panier.
Si tu veux des fruits au jardin, tourne-toi vers ce qui pousse chez nous et regarde ce qu’il y a à faire au potager en octobre, la saison des plantations de fruitiers à racines nues commence peu après.
Quels pièges trouve-t-on dans les listes de fruits en I ?
Le piège le plus courant, c’est le nom anglais présenté comme un nom français, ou le même fruit compté deux fois sous deux orthographes. On y glisse aussi des légumes et des fruits qui ne commencent pas par I du tout, pour atteindre un chiffre rond. Une liste de vingt fruits en I, c’est une liste qui triche.
Ainsi l’« Indian gooseberry » n’est rien d’autre que l’amla, ou groseille indienne, qui se range à la lettre A. L’« Indian fig » est la figue de Barbarie, à chercher dans les fruits qui commencent par F. L’« Inca berry » désigne le physalis. Et l’« ice cream bean » est l’inga. Quatre noms anglais, aucun fruit en plus. La pomme-cannelle, citée dans pas mal de pages, commence par P. L’igname, elle, est un tubercule qu’on range avec les légumes qui commencent par I.
Reste les variétés. Idared est une variété de pomme américaine qu’on trouve parfois chez nous, mais c’est une pomme, pas un fruit à part. La compter, c’est comme mettre Golden à la lettre G.
Y a-t-il un fruit en I dangereux à connaître ?
Oui, et il pousse partout en France : l’if. Son « fruit » rouge, une arille charnue autour d’une graine, attire les enfants. D’après le Centre antipoison de Lille, la pulpe rouge n’est pas toxique, mais la graine l’est si elle est mâchée, et les feuilles et rameaux sont toxiques. La cuisson ou le séchage ne détruit pas le poison.
Du coup, l’if n’a rien à faire dans une liste de fruits à manger, même si sa baie rouge en a l’air. Il est planté dans les haies, les cimetières et les parcs, souvent à hauteur d’enfant. Si un petit a mâchouillé quelque chose sur un if, appelle un centre antipoison sans attendre, sans le faire vomir. Et apprends aux enfants à ne goûter aucune baie sauvage, if ou pas.
Questions fréquentes
Quel est le fruit en I le plus connu ?
Aucun n’est vraiment connu en France. L’icaque est sans doute le plus cité, parce qu’on le trouve aux Antilles, où il pousse sur le littoral.
Icaque et icaco, c’est le même fruit ?
Oui. Ce sont deux noms du même arbuste, Chrysobalanus icaco, aussi appelé prune coton. Une liste qui les sépare compte deux fois le même fruit.
L’igname est-elle un fruit ?
Non. L’igname est un tubercule qu’on cuit comme une pomme de terre. Et elle a sa place parmi les légumes, pas dans une liste de fruits.
Les baies rouges de l’if se mangent-elles ?
Non, n’en donne jamais à manger. Même si la pulpe rouge n’est pas toxique selon le Centre antipoison de Lille, la graine qu’elle contient l’est si elle est mâchée. En cas d’ingestion par un enfant, appelle un centre antipoison.
Sources
- Cocoplum (Direction de l’environnement de Polynésie française)
- IF : plante à baies toxique (Centre antipoison du CHU de Lille)



