Ça sent le gaz chez toi ? Tu sors. Avant de sortir, et seulement si c’est simple et rapide, tu fermes le robinet de gaz et tu ouvres les fenêtres, sans toucher à aucun interrupteur. Une fois dehors, tu appelles Urgence Sécurité Gaz au 0 800 47 33 33 (gratuit, 24h/24) ou les pompiers au 18 ou au 112.
Tout le reste de cet article sert à expliquer pourquoi dans cet ordre, et à démonter les réflexes qui paraissent malins sur le moment. Ici, aucune réparation à faire toi-même. Ton boulot, c’est de mettre tout le monde dehors sans faire d’étincelle.
Que faire tout de suite quand ça sent le gaz chez toi ?
Tu fais trois choses, dans cet ordre, et vite. Tu fermes le robinet de gaz si tu l’as sous la main (celui de l’appareil ou la vanne au compteur). Tu ouvres grand les fenêtres. Puis tu fais sortir tout le monde, calmement, et tu n’appelles qu’une fois dehors. Si un de ces gestes te fait perdre du temps, tu le sautes et tu sors.
Le gaz naturel n’a pas d’odeur à l’état brut. On lui ajoute une molécule odorante justement pour que ton nez serve d’alarme.
Donc cette odeur, c’est l’alarme. Tu lâches ta cuisine. Les consignes publiques, celles des sapeurs-pompiers comme celles de GRDF, tiennent toutes en quelques gestes : ne provoquer ni flamme ni étincelle, aérer, couper le gaz si c’est possible, évacuer, appeler depuis l’extérieur. Personne ne te demande de trouver d’où ça vient. Et personne ne te demande de jouer les héros pour récupérer un ordinateur ou un sac à main.

Les enfants, les personnes âgées et les animaux sortent avec toi.
Quels gestes peuvent provoquer l’étincelle de trop ?
Tout ce qui s’allume, s’éteint ou se branche. Les sapeurs-pompiers le disent sans nuance : ne pas activer et ne pas désactiver les appareils ou interrupteurs qui peuvent produire une étincelle. Si la lumière est allumée, tu la laisses. Si elle est éteinte, tu la laisses éteinte. Pareil pour la hotte, le four, la chaudière.
Mais la liste va plus loin que l’interrupteur du plafonnier, et c’est là que les gens se font piéger. Il y a le volet roulant électrique qu’on remonte par réflexe pour aérer. La sonnette du voisin. Le portable qu’on dégaine dans la cuisine pour appeler. La prise qu’on débranche pour « couper le courant par sécurité ». La cigarette, tu l’éteins tout de suite. Le briquet, tu n’y touches pas.
Alors tu ouvres les fenêtres à la main, et si le volet est électrique et fermé, tu passes à la pièce d’à côté.
Et la lampe torche pour trouver le compteur dans le noir ? Pas la peine de te poser la question. Si tu ne vois pas la vanne, tu sors.
Qui appeler, et depuis où ?
Tu appelles une fois sorti, jamais depuis la pièce qui sent le gaz. Pour une odeur de gaz naturel, le numéro de GRDF est Urgence Sécurité Gaz, 0 800 47 33 33. GRDF indique que le service et l’appel sont gratuits et qu’un opérateur répond 24h/24 et 7j/7. Le 18 et le 112 restent valables, surtout si tu crains une explosion ou s’il y a une victime.
Service-public range d’ailleurs l’explosion ou le dégagement de gaz parmi les situations qui relèvent du 18. Du coup, ne perds pas de temps à te demander quel numéro est « le bon ». Si quelqu’un a des maux de tête, s’est évanoui ou si l’odeur est très forte, c’est le 18 ou le 112 d’abord. Si tout le monde va bien et que l’odeur est légère, Urgence Sécurité Gaz est fait pour toi, et dans le doute, c’est le 18 ou le 112. Le 112 marche partout dans l’Union européenne, et d’après les pompiers, même sur un téléphone verrouillé ou sans carte SIM.
Si tu es sourd ou malentendant, le 114 est gratuit et joignable par SMS, tchat, visio ou application.
Le numéro de GRDF concerne le gaz du réseau, celui qui arrive par une canalisation et passe par un compteur. Si tu cuisines à la bouteille de butane ou si tu as une citerne de propane, la conduite à tenir reste la même pour sortir et appeler le 18 ou le 112. Le numéro d’urgence de ton fournisseur, lui, se trouve sur ton contrat ou ton bon de livraison, et c’est le genre de chose à noter avant d’en avoir besoin.
Et si l’odeur vient de la cage d’escalier ou de chez le voisin ?
Tu fais exactement pareil, sauf que tu ne rentres nulle part. Chez le voisin, tu frappes au lieu de sonner, et en descendant tu laisses l’ascenseur comme la minuterie de l’escalier tranquilles, parce que chacun de ces boutons peut faire l’étincelle. Une fois dehors, tu appelles et tu dis précisément où l’odeur est la plus forte.
Pourtant, c’est dans un immeuble que le doute fait perdre le plus de temps. On se dit que quelqu’un a forcément déjà appelé. On se dit aussi que c’est peut-être la poubelle du troisième.
Appelle quand même.
Un appel pour rien vaut mieux qu’une cage d’escalier qui saute. Et si l’odeur vient de la rue, d’une tranchée ou d’un coffret de compteur abîmé avec odeur, c’est encore Urgence Sécurité Gaz. Pour un coffret simplement cassé, sans odeur, GRDF renvoie vers son service client, pas vers le numéro d’urgence.
Quelles fausses bonnes idées circulent encore ?
Il y en a une poignée, et elles reviennent dans les forums comme dans certains tutos. Chercher la fuite soi-même, au briquet ou au nez collé sur les raccords. Mettre un coup de ruban adhésif sur un tuyau qui siffle. Rallumer la chaudière « pour voir si ça repart ». Ou attendre que l’odeur passe toute seule. Aucune ne vaut le risque.
Le coup du ruban adhésif mérite qu’on s’y arrête, parce qu’il a l’air raisonnable. Le tuyau semble fendu, tu entoures, l’odeur baisse, tu respires. Sauf que tu n’as aucune idée de l’état réel du raccord, ni de ce qui fuit vraiment, ni de la pression derrière. Un bricolage qui masque l’odeur, c’est pire qu’une fuite qu’on sent. Le flexible de gazinière, le robinet d’arrêt et le raccord de chaudière se changent par un professionnel du gaz, point.
Même chose pour les vidéos qui te montrent comment « localiser une fuite en deux minutes ». Ça peut faire partie du métier d’un technicien équipé. Chez toi, avec une odeur dans la pièce, ta seule mission est de sortir.
Si tu bricoles l’eau sans souci, garde bien la frontière en tête. Ce qu’on explique pour réaliser un raccord de plomberie sur l’eau ne se transpose pas au gaz. Et la question de savoir si on peut faire sa plomberie soi-même n’a pas la même réponse dès qu’il s’agit d’un tuyau de gaz.
Après l’intervention, quand peux-tu remettre le gaz ?
Pas avant que les secours t’aient dit de rentrer, et pas avant qu’un professionnel ait vérifié l’installation. Ce sont les deux consignes de fin données par les sapeurs-pompiers. Tant que personne de compétent n’a regardé, tu ne rouvres pas le robinet, tu ne relances pas la chaudière et tu ne rallumes pas la gazinière.
Bref, l’intervention d’urgence met le site en sécurité, elle ne remet pas forcément ton installation en état. Il faut savoir qui fait quoi. GRDF s’occupe du réseau et de ses ouvrages, comme le compteur et, selon les cas, le régulateur de pression. Ce qui se trouve après le compteur, chez toi, relève d’un professionnel du gaz, et une chaudière relève de ton chauffagiste ou de ton contrat d’entretien. Si la fuite venait d’un appareil, c’est donc un installateur qui devra réparer ou remplacer la pièce en cause, puis remettre en service.

Garde l’appartement aéré en attendant, si les secours te le permettent, et note ce qui s’est passé (heure, pièce, appareil en marche). Le pro et ton assureur te le demanderont.
Comment éviter d’en arriver là ?
Tu ne supprimes pas tout risque, mais tu le réduis beaucoup avec trois habitudes sans glamour. L’entretien annuel de la chaudière, qui est obligatoire pour les chaudières gaz de 4 à 400 kW. Des grilles de ventilation jamais bouchées. Et un œil sur l’âge de ton installation et de tes flexibles.
Or c’est souvent l’entretien qu’on repousse d’un an, puis de deux. En location, c’est en principe au locataire d’appeler le chauffagiste chaque année, sauf si le bail prévoit autre chose. Si tu as déjà dû changer un vase d’expansion sur une chaudière, tu sais que ces appareils vieillissent par morceaux, et le passage annuel du pro sert aussi à repérer ce qui fatigue.
Côté ventilation, l’erreur classique, c’est de boucher la grille d’aération de la cuisine parce qu’elle fait entrer du froid. Les pompiers rangent justement « ventiler et entretenir les ventilations » dans leurs conseils de prévention. Si ta VMC fait du bruit, fais-la réparer plutôt que de la couper. Quand l’installation de gaz a plus de 15 ans, la loi impose d’ailleurs un diagnostic gaz pour vendre ou louer le logement, ce qui donne une bonne idée de l’âge à partir duquel on regarde de près.
Dernier point, parce qu’on le confond souvent avec la fuite. Le monoxyde de carbone, lui, est inodore. Service-public le rappelle : maux de tête, fatigue et nausées chez plusieurs personnes du même foyer doivent alerter. Ton nez ne t’aidera pas, seul un détecteur de monoxyde peut le signaler. Si tu utilises un chauffage d’appoint à combustion, c’est là que se joue la vraie vigilance, avec la même conduite à tenir : aérer, couper, sortir, appeler.
Questions fréquentes
Peut-on allumer la lumière en cas d’odeur de gaz ?
Non. Tu ne touches à aucun interrupteur, ni pour allumer ni pour éteindre. Et si la lumière est déjà allumée, tu la laisses comme elle est.
Quel est le numéro d’urgence gaz en France ?
Pour le gaz naturel du réseau, c’est Urgence Sécurité Gaz de GRDF, au 0 800 47 33 33. L’appel est gratuit et un opérateur répond 24h/24, 7j/7. En cas de danger immédiat ou de victime, tu composes le 18 ou le 112.
Faut-il couper le compteur électrique en cas de fuite de gaz ?
Non, tu n’actionnes ni le disjoncteur ni aucune prise. Couper le courant peut aussi produire une étincelle. Tu fermes le gaz si c’est facile, tu aères et tu sors.
Une odeur de gaz légère qui disparaît, faut-il quand même appeler ?
Oui. Une odeur qui va et vient peut venir d’un raccord qui fuit par moments ou d’un brûleur mal éteint. Mais seul un professionnel peut le dire, et l’appel à Urgence Sécurité Gaz est gratuit.
Sources
- FAQ GRDF pour les particuliers, les professionnels et partenaires (GRDF)
- Fuite de gaz (Fédération nationale des sapeurs-pompiers de France)




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