Oui, tu peux changer un lavabo toi-même. Le geste n’a rien de sorcier : couper l’eau, démonter, fixer, raccorder, tester. Mais ce qui fait la différence entre un lavabo qui tient dix ans et un lavabo qui pleure sous le meuble au bout de trois semaines, c’est le mur derrière et les joints que tu auras eu la flemme de changer.
Oublie les vidéos qui bouclent le chantier en trente minutes. Compte plutôt une demi-journée si tout va bien, et garde le week-end en réserve si l’ancien siphon refuse de se dévisser ou si les trous du nouveau modèle ne tombent pas au même endroit que les anciens.
Faut-il vraiment changer le lavabo, ou juste ce qu’il y a autour ?
Avant de tout arracher, regarde d’où vient le problème. Un robinet qui goutte, une bonde qui fuit ou un siphon qui sent mauvais se règlent sans toucher à la vasque. Le remplacement complet se justifie quand la céramique est fêlée, l’émail éclaté, ou quand tu changes de format. Un lavabo fendu, lui, ne se répare pas durablement.
Que Choisir, reprenant le ministère de l’Écologie, chiffre la fuite d’un robinet qui goutte à environ 120 litres par jour (article de mars 2023). Sur un mitigeur, c’est souvent la cartouche céramique qui lâche, et elle se change seule.
Et pour un lavabo en résine simplement rayé ou taché, regarde d’abord comment réparer un lavabo en résine avant d’en racheter un.
Si tu changes quand même, pose-toi la question de base. Dans cinq ans, ça tient encore ? Une vasque en céramique bien fixée, oui. Une vasque premier prix sur un meuble en aggloméré mal protégé de l’eau, beaucoup moins, parce que l’aggloméré gonfle à la première fuite.
Qu’est-ce qu’il te faut avant de commencer ?
Il te faut le nouveau lavabo avec son kit de fixation, une bonde adaptée (avec trop-plein si ta vasque en a un, sinon une bonde sans trop-plein, souvent à grille), un siphon neuf, deux flexibles neufs et un tube de silicone sanitaire. Côté outils, une clé à molette, une pince multiprise, un niveau, un cutter, une perceuse et un seau suffisent pour un montage standard.

Ajoute des forets adaptés au mur. Si c’est du carrelage, il te faut un foret spécial et un peu de patience, la méthode est détaillée dans ce guide pour percer du carrelage sans le fissurer.
Alors, un mot sur la tentation de tout réutiliser. Les vieux joints ont pris la forme de l’ancien raccord et les flexibles ont vieilli dans l’humidité. Quant au siphon, il est souvent entartré à l’intérieur. Tout ça coûte quelques euros en magasin, et c’est précisément ce qui fuit quand on le remonte. Rachète.
Dernière vérification avant d’acheter : mesure deux fois l’entraxe des anciennes fixations, la hauteur de l’évacuation et la position des arrivées d’eau. Un lavabo plus large ou plus profond que l’ancien peut tomber pile sur un tuyau.
Comment déposer l’ancien lavabo sans tout inonder ?
Tu fermes les robinets d’arrêt sous le lavabo, ou la vanne générale s’il n’y en a pas. Tu ouvres le robinet pour vider ce qui reste dans les tuyaux, tu poses un seau sous le siphon, puis tu démontes dans l’ordre : flexibles, siphon, bonde, joint silicone au cutter, et enfin les fixations murales.
Le siphon garde toujours un fond d’eau sale. Dévisse-le au-dessus du seau, en le gardant bien droit.
Ensuite, les flexibles. S’ils sont grippés sur les robinets d’arrêt, tiens le robinet d’arrêt avec une pince pendant que tu dévisses le flexible avec la clé à molette. Sinon tu forces sur la soudure ou le raccord du tuyau dans le mur, et là tu passes d’un petit chantier à une vraie fuite. Si tes robinets d’arrêt ne ferment plus complètement, c’est le moment de les changer aussi, ou d’appeler quelqu’un si tu ne sais pas faire un raccord.
Pour le joint silicone entre la vasque et le mur, passe le cutter le long du mur sans appuyer sur l’émail. Puis soulève la vasque à deux si elle est lourde. Une céramique qui tombe sur un receveur ou un carrelage casse les deux.
Du coup, une fois le mur dégagé, nettoie franchement : restes de silicone, calcaire, vieilles chevilles qui dépassent. Le nouveau joint n’adhérera pas sur l’ancien.
Comment fixer le nouveau lavabo selon ton mur ?
Tout dépend du support. Un mur plein (brique, béton, parpaing) accepte les goujons du kit avec des chevilles adaptées. Une cloison en plaques de plâtre ne porte pas un lavabo sur de simples chevilles : il faut un renfort derrière la plaque ou un bâti-support. Et si tu ne sais pas ce qu’il y a derrière, ne perce pas au hasard.
Commence par taper sur le mur. Un son plein, c’est de la maçonnerie. Un son creux, c’est une cloison, et c’est là que les choses se compliquent. Placo, le fabricant de plaques, consacre une fiche entière à l’accrochage des charges sur cloison : elle passe par des renforts bois ou métal dans l’ossature, des chevilles métalliques à expansion ou une plaque haute dureté, avec un écart minimal de 40 cm entre deux fixations (fiche de mars 2019). Un lavabo, c’est la céramique, l’eau, et quelqu’un qui s’appuie dessus pour se rincer le visage. Ça fait beaucoup pour une cheville plastique dans une plaque de plâtre.
Pour le choix précis de la cheville en cloison, ce comparatif sur les chevilles pour mur creux t’aidera à trier. Mais je te le dis franchement : sur une cloison sans renfort, pour une vasque suspendue sans pied ni meuble porteur, je ne peux pas te dire d’ici si ça tiendra. Seule une personne qui voit et touche le mur peut trancher.
Pour le reste, la méthode est classique. Présente la vasque, trace les trous au crayon en vérifiant le niveau, perce, cheville, visse les goujons. La hauteur courante tourne autour de 85 cm au bord, à titre indicatif, à adapter à ta taille et aux évacuations existantes.
Ne serre pas les écrous comme un forcené. La céramique fend sous la contrainte, et une fissure fine peut n’apparaître que plus tard.
Dans quel ordre monter la robinetterie, la bonde et le siphon ?
Monte un maximum de choses sur la vasque avant de la fixer au mur. Robinet et flexibles d’abord, bonde ensuite, puis fixation, siphon et raccordement en dernier. À plat sur une serviette, tu vois ce que tu serres. Une fois la vasque au mur, tu travailles allongé sous le lavabo avec une lampe dans la bouche.
Le mitigeur se fixe par une tige filetée et une contre-plaque par-dessous. Visse les deux flexibles dessus à la main avant de poser le robinet, c’est dix fois plus simple. Ensuite, la bonde. Vérifie qu’elle correspond à ta vasque (avec ou sans trop-plein), place le joint fourni et serre sans écraser.
Pourtant, c’est souvent au siphon que ça se joue. Prends un siphon neuf au diamètre de ton évacuation, en général 32 mm pour un lavabo, et ajuste sa hauteur pour qu’il rejoigne le tuyau du mur sans tension. Un siphon tiré de travers finit par fuir au joint.
Pour les arrivées, la convention veut l’eau chaude à gauche et la froide à droite. Sur ces raccords, ce sont les joints plats qui font l’étanchéité, et le téflon ne sert à rien. Si un raccord pose problème, ce guide pour réaliser un raccord de plomberie détaille les cas courants.
Comment savoir si c’est étanche, et ce qui lâchera en premier ?
Rouvre l’eau doucement, robinet fermé, et attends. Puis fais couler l’eau chaude, la froide, remplis la vasque bonde fermée et vide-la d’un coup. Passe un papier absorbant sec sous chaque raccord. La moindre trace humide se voit tout de suite, bien mieux qu’à l’œil nu.

Refais le test le lendemain. Un raccord qui suinte lentement ne se voit pas dans l’heure.
Ensuite, le joint silicone entre vasque et mur. Attends que tout soit sec et testé avant de le poser, puis lisse-le proprement (la technique est expliquée ici pour lisser un joint silicone). C’est la finition qui vieillit le plus vite : il noircit, il se décolle dans les angles, et l’eau file derrière le meuble. Bref, ce n’est pas un joint qu’on pose une fois pour toutes.
Le point faible à surveiller dans les premiers mois, c’est le siphon et la fixation. Un lavabo qui bouge même un peu quand tu t’appuies dessus finira par fendre ou arracher ses chevilles. Si ça bouge, reprends la fixation tout de suite, sans attendre qu’elle cède.
Quand vaut-il mieux appeler un plombier ?
Appelle un pro si tes robinets d’arrêt ne ferment plus, si les tuyaux sont anciens et fragiles, si tu dois déplacer une arrivée ou une évacuation, ou si ton lavabo suspendu doit tenir sur une cloison sans renfort. Dans ces cas, le petit chantier du samedi devient une intervention dans le mur.
Or c’est là que les économies s’envolent. Un tuyau ancien tordu au démontage, et tu payes le dépannage en urgence au lieu d’une intervention prévue. Si tu hésites sur tes capacités, cet article sur la plomberie qu’on peut faire soi-même trace une limite honnête.
Mon avis, pour un remplacement à l’identique sur un mur plein avec des robinets d’arrêt qui fonctionnent : fais-le toi-même, avec des joints, un siphon et des flexibles neufs. Sur cloison légère, oui mais avec le bon renfort. Sinon, c’est une fausse bonne idée.
Questions fréquentes
Peut-on garder l’ancien siphon avec un nouveau lavabo ?
Techniquement, oui, s’il est au bon diamètre. Mais un siphon de plusieurs années est souvent entartré et ses joints ont durci. Pour quelques euros, un siphon neuf t’évite de tout redémonter une semaine plus tard.
Faut-il du téflon sur les flexibles de lavabo ?
Non, pas sur les raccords à joint plat. C’est le joint qui fait l’étanchéité, et le téflon peut même l’empêcher de bien s’écraser. Le téflon ou la filasse se réservent aux filetages coniques sans joint.
Combien de temps faut-il pour changer un lavabo ?
Pour un débutant, compte une demi-journée sur un remplacement à l’identique. Ajoute du temps si tu dois percer du carrelage, reprendre des fixations ou changer des robinets d’arrêt grippés. Le silicone, lui, demande ensuite son temps de séchage avant usage.
Peut-on fixer un lavabo suspendu sur du placo ?
Pas sur de simples chevilles dans une plaque standard. Il faut un renfort dans la cloison ou un bâti-support prévu pour. Sans connaître ta cloison, personne ne peut te dire à distance si elle supportera la charge.



